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Les artistes 2026

Béatrice Arthus-Bertrand

 

Re-naissance ou l’art de l’accumulation « Rien ne se perd, tout se crée, tout se transforme. »

 

Véritable « arpailleur de rêves », l'artiste invite le public à découvrir un univers où l'objet délaissé retrouve une noblesse insoupçonnée grâce à un langage d'une parfaite cohérence.

Ancienne styliste culinaire rompue à la précision des maquettes alimentaires, Béatrice Arthus-Bertrand change de vie à quarante ans pour se consacrer à une expression libre. Sa démarche, qu'elle qualifie de « terre à terre », prend racine dans son amour pour les galets de Bretagne avant de s'étendre à une quête anthropologique menée dans les brocantes et vide-greniers.

Les créations de Béatrice Arthus-Bertrand, souvent monochromes ou saturées de couleurs, sont des réponses aux drames écologiques (marée noire de l’Amoco Cadiz) ou des hommages à la « vie cachée des choses ».

Elle refuse le cloisonnement stylistique et chemine entre :

-L’accumulation monumentale  : Utilisation de 22000 pin’s pour son œuvre Cyclone ou de 3000 brosses à dents pour ses structures. L’artiste utilise l'amoncellement pour créer un choc visuel et émotionnel.

-Le détournement symbolique : Des milliers d’épingles plantées avec patience pour donner naissance à un bestiaire fantastique (ours, raies mantas...).

-Le sacré revisité : Ses boîtes de Chemins de croix, véritables reliquaires profanes où des crucifix cohabitent avec des médailles, des douilles de chasse ou des jouets.

 

Béatrice Arthus-Bertrand travaille entre son atelier des Mesnuls et celui du Luberon. Elle développe une œuvre en constante métamorphose et dans le cadre du festival, l’artiste proposera une oeuvre originale spécifiquement pensée pour le lieu.

Caroline Dantheny

 

« Peindre sans théorie, sans maîtrise. Oublier ses acquis et s'affranchir de sa propremémoire ; c'est alors qu'on aborde l'espace et la toile d'un regard nouveau. »

La Peinture comme un Souffle Nomade

 

Des ateliers de haute couture aux palais vénitiens, Caroline Dantheny déploie une œuvre où le geste pictural se fait danse. Entre abstraction lyrique et collaborations d’exception, elle explore aujourd'hui avec ses séries Fugues et Le Chant de la Terre, une liberté affranchie de toute théorie, privilégiant l’émotion pure du corps-à-corps avec la toile.

 

Une Reconnaissance Internationale

 Présente dans des musées et de prestigieuses collections privées, Caroline Dantheny s’est imposée comme une figure majeure de l’expressionnisme contemporain. Ses triptyques monumentaux et sa capacité à faire dialoguer les savoir-faire artisanaux avec l’art vivant font d’elle une artiste dont chaque exposition est une invitation au voyage intérieur.

L'Orient et l'Occident : La Rencontre avec Lesage

L'un des chapitres les plus marquants de sa carrière est sa collaboration de plusieurs années avec Jean-François Lesage, maître brodeur. À Chennai, en Inde, elle a marié l’amplitude de ses gestes picturaux à la minutie de la broderie.Cette fusion entre l'immédiateté de la peinture et la patience infinie du fil a donné naissance à des œuvres hybrides, véritables « paysages tactiles », exposées avec succès lors de la 59e Biennale de Venise au PalazzoMorosini del Pestrin.

 

Aujourd'hui, Caroline Dantheny poursuit son errance créative avec sa nouvelle série intitulée Fugues. Ce projet, né dans la continuité du Chant de la Terre, marque une quête de légèreté absolue. À l'image d'une fugue musicale, chaque toile répond à la précédente, créant un rythme où le trait semble s'échapper pour mieux retrouver une cohérence profonde. L'artiste cherche ici à « oublier ses acquis », à peindre sans maîtrise apparente pour laisser surgir le mystère. Désormais installée à Venise, elle puise dans la lumière de la Sérénissime une nouvelle verticalité, offrant des œuvres où l'air et l'eau semblent s'inviter dans la matière huileuse.

Sylvie Abélanet

 

Née en 1962 en région parisienne.Après des études à l’École supérieure des Arts appliqués Duperré à Paris, Sylvie Abélanet fait de la gravure son médium privilégié.

D’abord dans le procédé de la gravure à l’eau-forte : aquatinte, sucre, vernis mou, gaufrage ou encore découpe de la plaque de zinc ou de cuivre, elle se distingue avec une estampe de très grandes dimensions le Paradis en morceaux, avec les suites du Cantique des Oiseaux et la série des Histoires (presque) Naturelles.

Puis, plus récemment, avec la taille d’épargne, Sylvie Abélanet aborde les Métamorphoses d’après Ovide en gravant dans du bois de tilleul récupéré après la grande tempête de 1999.

 

C’est à la Tour d’Argent de l’Isle-sur-la-Sorgue que cet ensemble de six estampes, Io et Jupiter, Atalante et Hippomène, Apollon et Hyacinthe est présenté en avant-première.

ANANY

L'atelier d'ANANY est situé en sud Ardèche.

Influencée par la nature rocheuse, elle développe un univers cosmique qui interroge sur les origines de l'humanité. Elle invente sa Pierre de Rêve – Genesis Dream Stone, œuvre minérale élaborée avec des pigments, selon une technique qu'elle garde secrète. 3 œuvres majeures contemporaines ont l’honneur d’être exposée de manière permanente à la Grotte Chauvet 2 inscrit à l'UNESCO, où elles peuvent dialoguer avec les expressions artistiques rupestres des peintures anciennes de -32 000 ans notre ère.

Sa démarche artistique est née de la découverte, en 2010, des premières photographies du bestiaire rupestre de la Grotte Chauvet 2. "Face à ces œuvres, qui ont bouleversé notre compréhension de l'histoire de l'art, j'ai compris, en tant qu'artiste, que l'origine de la création ne résidait pas seulement dans le geste ou dans l'idée, mais dans le support qui les rend possibles : la roche. Ma réflexion se porte alors sur la naissance de notre Terre mère, sur sa genèse tant au sens propre comme au sens liturgique. La pierre renferme la vie, la mémoire de notre Terre comme celle de l’Humanité. C’est aussi dans la pierre que l’archéologue, les scientifiques, le biologiste, que tout chercheur cherche une réponse. Le médium broyé est devenu indissociable de ma démarche artistique. À l'image des premiers Hommes, j'élabore ma propre palette à partir de pigments que je transforme en craie devient L'outil du processus de ma création; je dessine mes ADN sur le papier avant de leur donner corps dans la matière Pierre de Rêve – GenesisDream Stone."

Julien Allegre

Julien ALLEGRE est un artiste qui improvise la matière ; à chacune de ses sculptures il pose un nouveau paysage.

Matière polymorphe, elle participe à son langage. La forme n'est parfois que prétexte, l'écriture graphique qu'il convoque par ses gestes défie l'état.

Fragilité profonde, telles des chimères des temps modernes, la dentelle de leur corps sont des habits de notre temps.

Il rend hommage à la Terre, aux origines de notre monde et aux civilisations antiques qui sont les témoins de notre passage.

Virginie Delmas

 

Le travail pictural de Virginie Delmas se nourrit de l’observation incessante du monde qui l’entoure. Il s’agit de saisir l’empreinte d’un passage, la sensation d’un moment fugace durant lequel une silhouette apparaît, de prendre sur le vif une personne et de capter tout ce que sa posture livre, afin de transmettre la fulgurance de ces éclats du monde.

La peinture à l’huile, posée au couteau sur papier, imprime des vibrations, laissant les couches précédentes interagir. Elle permet de dire l’essentiel, d’associer la matière à l’épaisseur du vécu ou à la qualité d’une présence qui s’impose, d’apporter un soin tout particulier au rendu des textures et des matières, de donner prise à la lumière.

Les œuvres de Virginie sont régulièrement exposées en France et à l’étranger et font partie de collections privées dans le monde entier.

Patrick di Meglio

 

La quête du souffle Changement de paradigme.

 

Pour Patrick di Meglio, la matière ne se pèse plus, elle se devine. En choisissant désormais la plume comme médium principal, l'artiste quitte la statuaire traditionnelle pour entrer dans le domaine de l'éthéré. Un travail d’orfèvre où chaque œuvre est une calligraphie aérienne.

 

L'émotion à l'état brut : la plume comme pigment

Ses tableaux de plumes jouent sur l'alignement, la répétition et le dégradé. Qu'elles soient d'oie, de faisan ou de pintade, l’artiste utilise leurs barbes et leurs reflets comme un peintre utilise ses pigments. Contrairement à la peinture, la plume possède une iridiscence naturelle.

 

L'œuvre de di Meglio est"vivante" : elle change selon l'angle de vue du spectateur et l'intensité lumineuse de la pièce.

 

Une patience de moine soldat

Soulignons ici la technicité hors norme de ce travail. Chaque pièce est le résultat d'un processus lent, méditatif qui commence par une sélection drastique des plumes, pour leur courbe et leur texture. Ensuite,le travail de préparation et d’apprêt est invisible, mais essentiel pour garantir la pérennité de l'œuvre. Enfin, avec la fixation d'une précision millimétrée, l'erreur n'est pas permise. Le résultat ? Une surface vibrante qui semble prête à s'envoler au moindre souffle d'air.

 

La thématique : le "lien" et l'aérien

Ses séries récentes explorent souvent la verticalité et le mouvement. On y voit des envolées, des cercles chromatiques ou des structures géométriques qui contrastent avec la fragilité du matériau.

 

Pour Patrick di Meglio, travailler la plume, c'est dialoguer avec l'invisible, avec l'air qui nous entoure. C'est rendre le silence visible.

Pour Patrick di Meglio, la plume n'est pas un ornement, c'est une unité de mesure poétique.Il compose une architecture du vivant.

 

Cette année, le festival Partage des Arts a choisi de mettre en avant le travail de Patrick di Meglio car il témoigne d’une rupture sensorielle dans un monde saturé d'images numériques et de matériaux lourds.

Ses œuvres apportent une douceur et une sérénité immédiates. L'utilisation d'un matériau naturel et organique résonne avec les questionnements actuels sur notre rapport au vivant auxquels les organisateurs du festival sont sensibles.

Florence Grundeler

 

Artiste plasticienne au parcours cosmopolite, Florence Grundeler développe une œuvre singulière où le fil, l’encre et la matière brute s’unissent pour explorer les interstices du visible. Entre influence orientale et rigueur contemporaine, son travail est une quête d'épure et de silence. Soutenue par des galeries de premier plan comme celle d'Amélie du Chalard, Florence Grundeler s’impose comme une figure incontournable de l’art textile et plastique actuel.Son œuvre, qui fait notamment l’objet d’une monographie"entre", publiée en 2024 par IMMEDIATS publications pour l'art contemporain où l’on retrouve un texte de Marie Hélène Lafon, prix Goncourt de la nouvelle en 2016 et prix Renaudot en 2020, nous invite à une « traversée » : celle de nos paysages intérieurs, où chaque point de suture est une amarre et chaque tache d'encre un horizon.

Un parcours de transversalités

Née à Paris en 1968, Florence Grundeler, sinophone de formation, a forgé son regard au fil de ses pérégrinations. Dans les traces que lui ont laissé ses séjours en Extrême-Orient, le rapport au temps et la structure des paysages, s’enracinent sa maîtrise du geste et de l’espace. Ses années passées au Brésil et en Argentine ont agi comme un catalyseur, transformant son approche formelle en une pratique plastique audacieuse, mêlant gravure, peinture et installation.

 

Aujourd’hui installée à Arles, elle travaille dans un lieu qu'elle nomme significativement « l’Entre », un espace physique et mental dédié à l’exploration des marges et des passages.

 

La poétique de l'incision et de l'empreinte

La démarche de Florence Grundeler repose sur une tension permanente entre le plein et le vide. Pour elle, le support n’est pas une surface passive, mais un corps à éprouver. Elle utilise le fil pour « dessiner » au-delà du trait de crayon, piquant la toile ou le papier pour créer une topographie de la pensée. L’encre de Chine, la cendre, la toile et le cuivre se répondent. L’artiste laisse une place prépondéranteà la sérendipité, accueillant l'imprévisible perméabilité des matériaux.

Son projet Jean Palimpseste qui intègre la toile de jean usagée, offre une nouvelle épaisseur à sa réflexion autour du “temps”. Des histoires s’écrivent sur de la toile qui a déjà une histoire.

 

Une méditation spatiale

Les bâtiments du XVIIème siècle qu’investira l’artiste dans le cadre de Partage des Arts 2026 témoigneront de sa capacité à faire dialoguer l'art contemporain avec le patrimoine historique. L’œuvre de Florence Grundeler trouve toujours une résonance particulière lorsqu’elle investit des lieux chargés d’histoire comme pour “A l’écart” son exposition en 2025 aux Alyscamps à Arles, une nécropole romaine extraordinaire où avait exposé l’artiste sud-coréen Lee Ufan en 2022.

« Chercher à interpréter les espaces vides de Florence Grundeler est peut-être vain ; il faut plutôt accepter de s'y perdre pour mieux s'y retrouver.

Claire Illouz

 

Peintre et graveuse d’une finesse rare, Claire Illouz explore la beauté des interstices. Là où l’œil pressé ne voit que friches, herbes folles et délaissés urbains, l'artiste révèle une architecture complexe et une poésie du vivant. Son œuvre est une invitation à ralentir pour observer le tumulte silencieux de la nature.

Dans ses travaux les plus récents, Claire Illouz semble tendre vers une abstraction organique. Le sujet s'efface progressivement au profit du rythme et de la matière. Le tableau devient un champ de forces où la peinture, travaillée par couches successives, suggère plus qu’elle ne montre, laissant au spectateur l’espace nécessaire pour sa propre méditation.

 

Claire Illouz s'est imposée sur la scène artistique contemporaine par son exigence technique et sa sensibilité singulière. Formée aux Beaux-Arts de Paris ainsi qu’au contact d’autres cultures, elle a développé un langage plastique où la gravure (eau-forte,aquatinte) et le dessin occupent une place centrale.

Explorer le « Tiers-Paysage »Son travail cherche la justesse. Chaque ligne, chaque hachure semble être le fruit d'une observation quasiscientifique. Elle traite ses sujets — souvent des paysages modestes ou des végétaux en fin de cycle — avec la dignité que l'on réserve habituellement aux portraits de cour. Loin des panoramas idylliques, Claire Illouz se passionne pour ce que l'on pourrait appeler les "terres vagues". Son regard se pose sur les Végétations Résilientes et l’Esthétique de l'Abandon. Elle capture la beauté des lieux en transition, entre ville et campagne, là où le sauvage et l'humain s'entremêlent.“Je ne comprends le paysage, cet éternel mutant, qu’en le dessinant. Mon attention s’est portée récemment sur ses évolutions souterraines : dans l’inconscient du paysage, l’exploration gravée du sous-sol prolonge désormais mon travail sur les talus.”

 

Claire Illouz collabore régulièrement avec des poètes et des écrivains, comme le montrent ses nombreux livres. Cette approche littéraire de l'art plastique lui a valu de nombreuses distinctions et une présence remarquée dans de prestigieuses institutions, comme la Bibliothèque nationale de France (BnF) ou des musées internationaux, notamment aux États-Unis et en Europe.

Sophie Lavaux  

 

Initiée dès son enfance à la splendeur des paysages des îles, de la Réunion où elle a grandi Madagascar ou des Mascareignes, Sophie Lavaux a gardé une fascination pour les jardins extraordinaires que la nature seule peut créer, et dont l’humain ne s’est pas encore emparé. Sur les pentes du volcan du Piton de la Fournaise, elle ébauche ses premières œuvres avant de traverser les Océans pour venir étudier le dessin à Paris, aux Arts Décoratifs en 1977.  

Spécialisée d’abord dans l’illustration, elle reviendra bientôt au dessin, botanique cette fois, dans le domaine de l’édition et publie quelques ouvrages. Ce sont pourtant les formes, les volumes, et l’architecture des espaces naturels qui l’attirent, et c’est dans la sculpture qu’elle va trouver l’expression de son émotion artistique : « du fond des océans aux sommets des montagnes, les paysages de mon enfance étaient grandioses. J’ai toujours éprouvé le besoin de transcrire toutes ces structures et ces couleurs, gravées dans ma mémoire et qui servent mon inspiration ».

 

Entretenant toujours une indispensable relation avec la nature, cherchant l’esprit des lieux dans un site, Sophie Lavaux élabore aujourd’hui de grandes sculptures de terre cuite, fragiles et dure à la fois, qui portent en elles des effluves intemporels comme les réminiscences d’un monde suspendu entre réel et merveilleux. Ces œuvres de grès ou de porcelaine non émaillées sensuelles, délicates et raffinées, témoignent d’une essence féminine au échos profondément harmonieux.

 

 

MADDAM

 

Née dans le sud de la France en 1986, Maddam est une enfant du rap et des arts urbains. Fascinée par les lignes épurées de Mondrian et l’univers tourmenté de Keith Haring, Maddam a trouvé son propre style, mêlant courbes et personnages dissimulés dans d’élégantes arabesques.

À travers ses créations, elle hypnotise ceux qui s’égarent dans sa vision de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. De la plus petite des toiles au mur gigantesque, son geste et sa technique s’adaptent, comme du murmure au cri. Formes et fonds se répondent et entament un dialogue ininterrompu. Maddam est plurielle, hypersensible, toujours sur un fil, à la frontière entre le plan et l’imagination. À la recherche constante de l’équilibre.

Saeideh Mirshekar

 

Saeideh Mirshekar (née en 1984 à Bojnourd, en Iran) est une artiste peintre installée à Paris. Après avoir vécu et travaillé à Téhéran pendant plusieurs années et participé à de nombreuses expositions collectives, elle s'est installée à Paris en 2023 ; elle y travaille actuellement dans son atelier au Poush Art Center.

Ses peintures prennent souvent pour point de départ des images, des lieux ou des moments qui persistent dans la mémoire. Intéressée par l'écart entre l'observation et le souvenir, elle explore la manière dont les images évoluent au fil du temps, remodelées par la mémoire et l'imagination. Des éléments récurrents tels que les fleurs, les plantes et les fenêtres traversent son œuvre, non pas comme des motifs figés, mais comme des points de retour au sein d'un processus de transformation continu.

Laurent Perbos

Le scénographe du réel

 

Plasticien de l’inattendu, Laurent Perbos s’empare des objets familiers pour en détourner la fonction et le sens. Entre humour, performance et esthétique pop, son œuvre réenchante notre quotidien et transforme l’espace urbain en un terrain de jeu métaphysique.

Capable de faire dialoguer l'art contemporain avec le grand public il a été mis à l'honneur lors des JO de Paris 2024 avec son installation monumentale La Beauté du Geste sur les marches de l’Assemblée Nationale.

Le détournement comme langage

Laurent Perbos ne crée pas à partir de rien ; il réinterprète ce qui existe déjà. Ballons de basket, accessoires de tennis ou mobilier urbain deviennent, sous son impulsion, des sculptures qui défient les lois de la physique. En courbant ce qui est droit ou en immobilisant le mouvement, il interroge notre rapport à l'effort et à la réussite. C’est un art de la métamorphose où l’objet industriel acquiert une âme et une fragilité nouvelle.

L’occupation de l’espace : le stade à ciel ouvert

En utilisant des codes populaires (le sport, le jeu), il s'adresse à tous. Son art est intrinsèquement intime et convivial, car il fait appel à une mémoire collective. Son travail séduit autant l'amateur d'art pointu que le  passant curieux, créant un pont entre culture savante etculture populaire.

 

Pour le festival 2026, son travail sur l'occupation de l'espace prend une dimension particulière. Il a été confié à Laurent Perbos le soin d’investir le deuxième étage de la Chapelle des Pénitents bleus de L’Isle-sur-la-Sorgue. Une surprise...?

L’invitation faite à Laurent Perbos souligne l’ambition du festival :offrir une proposition culturelle riche et ouverte. La présence exceptionnelle de cet artiste de renommée internationale confirme la dimension d'excellence de cette quatrième édition.

Joanna Staniszkis

 

Artiste textile de renommée internationale et chercheuse visionnaire, Joanna Staniszkis redéfinit la relation entre la nature, l’histoire et la matière. Son œuvre, à la croisée du design durable et de l’installation monumentale, s'impose comme une méditation sur l’éphémère.

Aujourd’hui, Joanna Staniszkis continue d'inspirer une nouvelle génération de designers et d'artistes. Son approche, qui allie rigueur scientifique et sensibilité poétique, offre une réponse esthétique aux défis environnementaux actuels. Elle nous rappelle que le textile, premier lien de l'homme avec son environnement, demeure le support privilégié de notre mémoire collective.

 

Une quête de matière et de sens

D’origine polonaise et établie au Canada, Joanna n'est pas seulement une artiste ; elle est une exploratrice de la fibre. Professeure émérite à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), elle a consacré sa carrière à repousser les limites des arts textiles. Son travail se distingue par une utilisation rigoureuse de matériaux organiques et une fascination pour les processus naturels de transformation. Que ce soit à travers l’utilisation de la soie, du lin ou de matériaux expérimentaux, Joanna cherche à capturer « l’âme » de la fibre.

Ses créations ne se contentent pas d'occuper l'espace ; elles dialoguent avec lui, évoluant souvent au gré de la lumière et du temps.

 

L’Art de la teinture naturelle et de l’éco-conception

L’un des piliers de sa démarche réside dans ses recherches approfondies sur les pigments naturels.Bien avant que la durabilité ne devienne un impératif de l'industrie, Joanna explorait déjà les racines, les insectes et les minéraux pour créer une palette chromatique unique.« Mon travail est une tentative de collaboration avec la nature, plutôt qu'une volonté de la dominer. » Cette philosophie se manifeste dans ses installations de "Land Art" textile, où les tissus sont parfois laissés à la merci des éléments, illustrant la beauté de la décomposition et de la régénération.

 

Ses projets marquants : entre architecture et poésieL

’oeuvre de Joanna Staniszkis est jalonné de projets d’envergure qui témoignent de sa polyvalence. Ses structures suspendues dans des espaces publics et des atriums d'entreprises transforment le béton en espaces de légèreté et de réflexion. Les travaux sur les textiles biodégradables et les techniques de tissage ancestrales de Joanna Staniszkis ont influencé tant le monde de la haute couture que celui du design industriel.

Joseph Francis Sumégné

Le jetteur de ponts

 

Figure de proue de l'art contemporain africain, l’artiste Camerounais Joseph Francis Sumégné transmute les rebuts de la société de consommation en icônes intemporelles.

Son œuvre, entre puissance tellurique et minutie d'orfèvre, redéfinit la sculpture comme un acte de résilience et de mémoire.

Sumégné est célèbre dans le monde de l’Art Monumental pour sa «NouvelleLiberté», une sculpture de 12 mètres, réalisée avec des matériaux recyclés et devenue l’emblème de la ville de Douala. Sa dernière réalisation urbaine est “Le monument pour la Paix”, réalisé pour la biennale d'art contemporain de Bangui en République centrafricaine.

Joseph Francis Sumégné a notamment exposé dans la sélection officielle de la biennnale de Dakar, à la triennale d'Osaka et lors de la ArtFair de Londres.

Une occupation monumentale de l'espace

Sumégné développe une solide compréhension architecturale du volume.Ses œuvres dialoguent avec les traditions ancestrales, comme les masques ou la parure, tout en s'inscrivant dans une modernité urbaine radicale. Le tressage du métal, signature de l'artiste, impose une temporalité longue qui contraste avec l'immédiateté de la consommation moderne.

 

Briser les Barrières du Genre

Le travail de Sumégné abolit les frontières entre artisanat d’art et sculpture conceptuelle, entre récupération et prestige.

Depuis plus de quarante ans, Sumégné pratique ce qu'il appelle la"technique du Jala'a". À partir de fils de cuivre, de perles, de pneus usagés ou de métaux de récupération, il tisse et assemble des volumes d'une complexité fascinante. Chez lui, la matière première n'est jamais choisie au hasard : chaque objet intégré à la sculpture porte en lui une histoire, une trace de l'activité humaine qu'il s'agit de réenchanter.

Emmanuelle Tauss-Keita 

                                               

Après des études d’architecture à Paris qui ne la satisfont pas, Emmanuelle Tauss-Keita s’oriente d’abord vers le vitrail en dalle de verre sous la direction d’un moine bénédictin, maitre verrier, puis s’exprime dans  la mosaïque traditionnelle. C’est à l’occasion de ses expatriations au début des années 2000 à New-York, USA, et à Hambourg, Allemagne, qu’elle s’ouvre à la peinture. On retrouvera dans son travail la lumière du vitrail. Emmanuelle a fondé et anime une entreprise de peinture murale décorative à vocation nationale.

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